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VMAC : que signifie cet acronyme de cannabinoïdes ?

VMAC ne désigne pas une molécule, mais un nom commercial. Composition, légalité, certificats d’analyse : nous avons enquêté sur ce mélange de cannabinoïdes.

Fiole de laboratoire contenant un liquide violet, avec éprouvettes à l’arrière-plan

Une dénomination qui ne fixe aucune recette

Le terme VMAC a été créé en réponse à l’interdiction du HHC (2023) par l’entreprise High Buy, via sa marque White Rabbit. Cet acronyme est défini par l’entreprise comme signifiant « Various Mix Actif Cannabinoïdes ». Cette formulation commerciale, à mi-chemin entre l’anglais et le français, peut se comprendre comme un « mélange de divers cannabinoïdes actifs ».

Les présentations du VMAC ne sont pas restées identiques. Des fiches historiques citaient du CBD, du CBG, du CBN et du CBC, mais également, selon les sources, du THCP, du H4CBD, du HHCO ou du HHCPO. Des revendeurs affichent aujourd’hui une reformulation après les différentes interdictions et décrivent plutôt un assemblage de cannabinoïdes naturels. Ces déclarations concernent des périodes et des produits précis : elles ne permettent pas d’attribuer une composition unique à tout ce qui porte le nom VMAC.

Cette nuance est concrète. Un nom de gamme ne donne ni la liste exhaustive des substances, ni leurs teneurs, ni la date à laquelle la formule a été élaborée. Pour une fleur, une résine ou un e-liquide, seule une composition détaillée, complétée par une analyse liée au lot vendu, permet de comparer sérieusement.

Les changements réglementaires à connaître

Le HHC, le HHCO et le HHCP sont classés comme stupéfiants en France depuis le 13 juin 2023. En 2024, le cadre a ensuite visé notamment le H4CBD, le THCP et le HHCPO, via un classement incluant de nombreux dérivés du noyau benzo[c]chromène. Le Conseil d’État a confirmé ce régime en 2025.

Le mot VMAC ne dit donc rien, à lui seul, du statut d’un produit. Une formule annoncée comme reformulée après une interdiction peut ne plus contenir les molécules visées, mais le consommateur doit pouvoir le vérifier sur la référence et le lot concernés. La mention « légal » n’a pas la valeur d’une analyse de lot.

Ce que montre les certificats analysés

Nous avons examiné plusieurs certificats d’analyse de produits VMAC, dont celui d’un distillat disponible dans les sources à la fin de cet article. Il identifie le produit comme « VMAC Distillat 10% », pour le client Highbuy, mais indique que le numéro de lot n’a pas été communiqué.

Ce bulletin quantifie 45,82% de CBD, 10,83% de CBG, 4,62% de CBN et 3,31% de CBDV. Il indique également des isomères de CBND entre 4 et 5%. Sa seconde page mentionne du CBT-C, du CBE et, pour 3,0% d’aire relative, un « inconnu proche THC ». Ce dernier chiffre n’est pas un pourcentage massique comparable aux résultats quantitatifs de la première page. Mais surtout, il ne permet pas d’identifier la substance en question.

Nous ne pouvons donc pas en conclure qu’il s’agit d’une substance synthétique, potentiellement interdite, ou non. Ce produit nécessiterait une analyse complémentaire, fondée sur un étalon de référence et une attribution explicite.

Pourquoi analyser une fleur ne suffit pas toujours

Le certificat de fleur que nous avons consulté (Super Silver Haze VMAC) indiquait quant à lui du H4CBD non détecté dans le champ de l’analyse. C’est un renseignement utile mais incomplet au vu des autres molécules interdites non mentionnées. De plus, si une matière végétale est ensuite enrichie par pulvérisation, imprégnée ou mélangée, l’analyse de l’échantillon initial ne démontre pas la composition du produit fini. Elle ne vaut pas non plus pour une autre recette, une autre concentration ou un autre lot.

Autre point à noter : le certificat ne fournit pas de numéro de lot commercial permettant de le relier clairement à un sachet de fleurs ou un flacon d’e-liquide vendus aujourd’hui. Sans continuité entre produit, lot, date, méthode et résultats, une analyse reste une information incomplète.

CBND, CBE et pic inconnu : ne pas extrapoler

Le CBND, ou cannabinodiol, est cité dans la littérature parmi les cannabinoïdes mineurs du cannabis. Le CBE, ou cannabielsoin, est notamment décrit comme un produit d’oxydation du CBD. Leur présence sur un chromatogramme n’explique pas le pic inconnu et ne permet pas de prévoir les effets d’un mélange chez l’humain.

Plus largement, assembler plusieurs cannabinoïdes ne prouve ni une intensité donnée ni un bénéfice de santé. Les données disponibles varient beaucoup selon la substance, la dose, la voie d’administration et les impuretés. Dans son analyse des cannabinoïdes hémisynthétiques, l’ANSM a relevé des risques psychiatriques, neurologiques et cardiovasculaires potentiellement graves. Cela ne permet pas de qualifier automatiquement une formule non identifiée ; cela justifie en revanche d’exiger une transparence complète avant achat.

Les vérifications utiles avant de commander

Demandez la liste nominative des cannabinoïdes, leur teneur, le numéro de lot et un certificat récent rattaché à ce lot. Le rapport doit permettre d’identifier le laboratoire, sa date, la méthode employée et les seuils de détection ou de quantification. Une analyse ciblant quelques molécules ne démontre pas l’absence de toutes les autres.

En cas de pic inconnu, de formule vague ou de document impossible à relier au produit proposé, mieux vaut ne pas acheter sans réponse écrite du vendeur. Évitez aussi de conduire après avoir consommé un produit au chanvre ou un mélange de cannabinoïdes : le risque lors d’un contrôle dépend notamment de la présence de THC, pas du seul nom commercial. Vérifiez enfin le panier final, les conditions et les informations de lot avant toute commande.

Sources utilisées

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